Le syndrome de la Fée Carabosse : quelques trucs et astuces pour le contrer au travail !

Je voulais m’attarder sur ce que j’ai dénommé le Syndrome de la fée Carabosse, provocateur de vies  professionnelles ratées et  de risque de démotivation en tous genres dans les bureaux.

On parle souvent du syndrome de Péter Pan pour appeler le phénomène des adultescents ou des adultes qui ne veulent pas vieillir ou du syndrome de la Fée clochette  pour les femmes névrosées aux comportements néfastes.

Ici, ce syndrome touchent les homme comme les femmes et j’ai découvert que nous étions fort nombreux à le rencontrer.

Il s’agit d’une ensemble de réactions en chaine que nous avons lorsque nous avons reçu sur note tête des anathèmes ou des mauvaises prophéties. D’ailleurs, ils peuvent être lancés par des collaborateurs des psychothérapeutes (he oui! ), de mauvais coachs,  des chefs de service, des DRH,…bref, toute personne qui a autorité à un moment ou un autre sur notre vie professionnelle.

Beaucoup de personnes ont cette marque, invisible à qui ne sait pas bien regarder sur le front,  celle  de la Fée Carabosse. C’est comme si on devait lutter quotidiennement contre la magie du mauvais sort qui nous a été lancé.Et on procède alors comme les parents de Cendrillon : on organise l’évitement pour ne pas affronter la prophétie initiale qui nous fait tant de mal et qui pèse désormais de tout son poids sur notre vie professionnelle.

La Fée Carabosse a une utilité, elle nous permet de nous remettre en question(s) avec le filtre de la bienveillance quand on sait bien l’accueillir et justement ne pas en faire un syndrome !

De quoi s’agit-il ?

Lors d’un moment important pour nous, une personne , notre Boss, le chef de service, le DRH, un coach, un formateur, un collègue ou un confrère est venu lancer un mauvais sort :

« vous n’y arriverez jamais »,

« vous n’êtes pas de taille pour ce poste,

« vous n’évoluerez pas dans ce service « ,

« vous ne correspondrez pas à ce poste »,

« les managers qui réussissent chez nous n’ont pas votre profil »,

« Avec votre handicap, vous n’obtiendrez jamais satisfaction »,

« Vous ne ferez jamais rien de bon dans ce service »

et j’en passe !

La Fée Carabosse a joué son rôle !

Peu importe que ce soit basé sur de fausses croyances, qu’elle vous mésestime ou que l’entreprise fasse singulièrement preuve d’aveuglement ou de manque de diversité, de parité, ou que la responsabilité sociétale soit absente…. Vous le prenez comme une vérité intangible !  Et c’est là que les ennuis commencent !

Parfois, c’est simplement pour couper les ailes à un collègue ou doucher son enthousiasme : il remet en question les habitudes acquises et le manque d’énergie ou de dynamisme du groupe; c’est parfois un réel manque d’empathie de la part du supérieur lors de l’entretien individuel ou une manière très maladroite de s’exprimer.  Parfois, cela résulte juste des croyances  et des préjugés erronées de la personne au mépris des règles qui prévalent d’ailleurs dans l’entreprise (discrimination, refus de la parité, …)

A notre insu, les phrases et leur poison se diffusent lentement dans notre être ! La plupart du temps, nous n’arrivons pas à faire reformuler les propos afin de pouvoir les réfuter  et nous appuyer  sur des faits pour mettre en branle une réponse ou une riposte juridique le cas échéant. Il nous faudra souvent très longtemps pour le faire.

Car cela met en jeu notre système de loyauté : si la personne le dit, à la place qu’elle a, c’est qu’elle a raison !

Or, il est important de faire la part des choses : la personne pourrait avoir de très mauvaises raisons de le faire : elle est aigrie, nous sommes rivaux, elle est en colère, elle est discriminante, elle est injuste, elle est insultante,  que sais-je encore, …

Si nous y adhérons  à ces propos, sans faire un  travail salutaire  qui consiste à les mettre en perspective, les relativiser,  c’est que souvent nous somme comme sidérés.

C’est comme si cette personne venait rencontrer la part d’ombre que nous avons en nous-même et qui ne demandait que cela pour se mettre à grandir,  et à grignoter toute la lumière autour d’elle.

Tant est si bien que nous allons d’une manière ou d’une autre, à notre insu souvent, nous mettre en marche pour la réaliser.

Car nous en avons fait notre propre croyance. Ainsi va la vie, ce que nous croyons, finit par nous arriver.

  • Nous n’osons plus demander une augmentation ou une formation
  • nous révisons nos objectifs à la baisse
  • nous restons dans ce service alors que nous devrions le quitter pour trouver un poste plus satisfaisons
  • nous perdons toute motivation mais faisons du présentéisme
  • nous somatisons : maux de dos, maladies à répétition qui nous contraignent à de fréquentes absences
  • nous échouons à tous nos tests, examens, entretiens d’embauche d’autres postes

Pourquoi une telle influence sur nos vies ? Notre voix aimante, le bon parent en nous s’évertue à nier les propos, à faire preuve de pragmatisme, à les éclairer, c’est souvent un combat perdu d’avance car nous avons  besoin de croire que la malédiction est justifiée.

C’est que nous avons oublié deux choses essentielles.

Le libre arbitre : chacun a le devoir de construire sa propre vie et la souffrance n’est pas une option obligatoire

Le manque d’empathie et de bienveillance est la cause de bien des maux/mots au travail car elle ne sont pas considérées comme des vertus cardinales.  Comme le pessimiste et l’esprit négatif sont bien plus en vogue que leurs contraires, nous ressassons sans cesse ces paroles qui se mettent à enfler et nous ne savons pas leur opposer l’amour de nous -mêmes.

Comment s’en sortir ?

Très peu de personnes échappent au syndrome de la fée Carabosse mais beaucoup arrivent avec l’aide des autres fées à en atténuer beaucoup les effets, comme dans le conte de la Belle au Bois Dormant.

On pourrait le résumer en disant que le remède est de vraiment écouter le bon parent en nous !

Pas facile quand les exemples qu’on a eus sont calamiteux ! Qu’importe, trouvons des exemples qui nous emballent. Il en existe beaucoup. Il ne faut jamais renoncer à trouver des rayons de lumière dans la vie !

Et puis, il faut mettre en pratique tous les jours, ce petit exercice : s’aimer un peu plus chaque jour !

Parmi les petits signes qui vous permettent de repérer comment faire échec au syndrome de la Fée  Carabosse, il y a ceux-là : de véritables petites pépites ou mieux des talismans .

Repérez les faits

  • faire reformuler la phrase pour être certain d’avoir bien compris puis demander sur quoi se basent la personne pour s’exprimer ainsi
  • Comparer ce qu’elle vous dit par rapport à une situation analogue ou passée

Mettez votre esprit de loyauté en sourdine :

Avez-vous les diplômes, l’expérience ou les capacités que cette personne vous dénie ?

Avez-vous dans d’autres circonstances pris (et réussi) des décisions et atteint des objectifs?

Faites preuve de bienveillance à votre égard

  • Se féliciter
  • Se réconforter
  • S’encourager
  • S’écouter
  • Se rassurer

Tous les jours, penser à faire un geste, une pensée, poser un acte qui va dans le sens de ces 5  preuves de bienveillance.

Méditer 5 minutes, sur une chaise, respirer, expirer en se concentrant juste sur ces deux gestes,  permet de mieux s’entendre et de se concentrer sur l’amour que l’on ressent pour soi. De quoi remettre sérieusement en question les paroles de la Fée Carabosse !

Il y a toujours des fées Carabosse mais il faut les plaindre et non les détester et plus tard, si on y arrive, on peut même leur pardonner…. Et faire la paix avec elles… car elles nous permettent de tester notre degré de loyauté au travail : est-elle excessive ? sommes-nous estimés à notre juste valeur ? Devons-nous évoluer et changer de poste ?  Ne sommes-nous pas dans une situation limite de type « harcèlement moral » ?

Bref remettez-vous en question  mais remettez aussi les paroles de cette fée Carabosse en questions !

*la loba :  femme archétypale – l’archétype de la femme sauvage mis à jour par Clarissa Pinkola Estes
*Mythe de Narcisse :  lire ici

Marie-Pierre Medouga, Coach de vie